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FASHION FOWARD : Histoire de la mode en 8 évolutions

written by Marion 9 août 2016

« Fashion Foward, 300 ans de mode » se termine le 14 Août au Musée des Arts Décoratifs de Paris. L’exposition retrace l’histoire de la mode au fil de l’histoire de la France. On y retrouve des détails marquants sur le lien intime entre l’évolution de la société française, des mœurs, de la perception de la femme, sa représentation et celui de la mode. Si vous n’avez malheureusement pas pu vous rendre au musée des Arts Décoratifs, voici un petit résumé des évolutions historiques majeures.

1. AU XV SIÈCLE, LES LOIS SOMPTUAIRES OU COMMENT L’HABIT FIT LE MOINE

Dans le but d’empêcher la bourgeoisie qui s’enrichit et fait concurrence aux nobles, Louis XIV met en place des Lois Somptuaires. Celles-ci imposent une manière spéciale de se vêtir en fonction de son appartenance à une classe sociale, l’habit doit signaler clairement qui est qui. La distinction vestimentaire est un privilège des nobles et les clivages sociaux visuels sont renforcés. Le roi pose ainsi les fondations d’un système de mode à la française.

2. 1720, LA ROBE VOLANTE

Portée initialement par Mme de Montespan, la favorite du roi, afin de cacher ses nombreuses grossesses, ce vêtement ample rappelle les déshabillés destinés à la sphère intime. Ample et ouverte sur le devant, elle doit son nom à ses larges plis qui partent des épaules. Les plis plats, à l’arrière, sont appelés « plis a la Watteau » (nommés d’après le peintre qui aimait représenter ces plis). A l’origine réservée à la sphère intime, elle est jugée scandaleuse et peu appréciée des femmes d’un certain age.

La robe volante
3. 1740, ROBE A LA FRANÇAISE

La robe à volants laisse place à la célèbre robe à la française. Plus ajustée, celle-ci est totalement ouverte sur le devant. Elle se compose d’un manteau de robe ouvert sur l’estomac et d’une jupe. Sous la jupe, un jupon baleiné appelé panier, forme une silhouette qui s’étend à droite et gauche mais reste plate devant et derrière. Les manches pagodes (manches longues évasées en forme de triangle dont la base est la ligne du poignet) caractérisent ces robes. On retrouve les « plis à la Watteau » dans le dos. Sur beaucoup de ces robes, on peut observer des techniques pour teinter les tissus, provenant d’Asie, qui témoignent du goût pour l’exotisme prononcé au XVIII ème.

Robe françaiseRobe française

4. 1770, ROBE A L’ANGLAISE

Dans la deuxième partie de son règne, la reine Marie Antoinette est à la recherche de confort et de simplicité. Une grande vogue d’anglomanie touche la France. Le modèle de robe à l’anglaise, moins encombrant et plus confortable que la robe à la française rencontre un grand succès. Elle est composée d’un manteau de robe aux manches trois quart et d’une jupe. A l’arrière, la coupe du cordage dessine une pointe dans le bas du dos donnant du volume à la sur-jupe. Des cordons à l’intérieur, permettent de la relever. Contrairement à la robe la française, elle n’a pas de paniers.  La robe à la française garde un caractère cérémonial.

robe a l'anglaise

 

5. CHUTE DE LA MONARCHIE, LA SILHOUETTE DES FEMMES SE LIBÈRE

Adieu baleines et panier, dès la fin du règne de Louis XIV, la femme peut enfin respirer. Le goût de l’antique influence la mode. Les robes à la française, opulentes et oppressantes sont quittées pour des robes filiformes, à taille haute et aux manches à ballons (manches courtes bouffantes). Elles sont en coton de couleur blanche. Ce goût perdure pendant la Révolution française et s’affirme sous le Directoire.

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6. SOUS L’EMPIRE, LA ROBE DE COUR

La proclamation de l’Empire et les préparatifs du sacre de Napoléon sont l’occasion de réglementer les tenues de l’empereur, l’impératrice et les dignitaires de la cour. L’étiquette est de retour. Les dames admises à la cour doivent porter un vêtement d’étoffe française et de même typologie que celui de l’impératrice: robe à l’antique à la taille, manches courtes et manteau amovible attaché à la ceinture. L’Impératrice Joséphine, habillée par Leroy, est admirée et copiée pour son élégance.

napo
7. 1830, ROBE ROMANTIQUE

Dès 1812, la mode pré-romantique laisse apparaître des robes aux manches agrémentées, pour imiter les costumes de la Renaissance. La taille redescend à sa place anatomique. La jupe s’évase, avec au bas des bourrelets, des volants et des bouillonnés. La mode romantique consacre la « taille de guêpe » prise dans un corset, qui met en valeur des manches volumineuses aux formes variées et une jupe en cloche.

romantiques

 

8. SYMBOLE FORT DE LA MODE SOUS LE SECOND EMPIRE, LA ROBE A TRANSFORMATION

La robe à transformation est formée d’un corsage et d’une jupe que l’on peut séparer. Ceci signifie qu’on a la possibilité de créer deux tenues distinctes avec la même jupe. Seul le corsage est remplaçable, à changer selon les circonstances conformément aux manuels de savoir vivre. Pour un bal: corsage décolleté et une étole; pour le jour: corsage à manches longues et une traîne ample.

Robe à transformation

 

ET EN 1857… CHARLES FREDERICK WORTH, AVÈNEMENT DU PREMIER COUTURIER

Worth révolutionne le monde de l’habillement en apposant son nom sur ses créations. Il crée ainsi le mythe du couturier-artiste. Worth est le fondateur de la haute couture parisienne et père de la mode moderne. Il invente le métier de couturier superstar, tel un artiste reconnu et plébiscité qui signe ses « toiles ». Il revendique le fait d’imposer sa vision.

Une fois proclamé, l’artiste peut prétendre à s’exposer dans les musées. En 1986, à travers l’inauguration du musée des arts de la mode, l’Etat reconnait et valide la mode en lui attribuant ses lettres de noblesse.

Marqie Worth

 

« N’oubliez jamais que ce qui devient intemporel fut une fois vraiment nouveau » Nicolas Guesquière
Si vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire de la mode, le site des Art Décoratif propose des documents en ligne très complets sur la page de l’exposition.

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2 comments

MARTIN -PORTERIE 13 août 2016 at 11 h 47 min

Passionnante l’histoire de la mode féminine …à suivre , jusqu’à nos jours ?

Reply
Marion Neirynck 27 août 2016 at 1 h 24 min

Merci beaucoup pour votre commentaire! En effet l’histoire de la mode ne s’arrête pas après l’avènement de Charles Worth, cependant l’exposition du musée des arts décoratif, a présenté l’exposition époque par époque en détaillant les évolutions de la mode dans l’histoire jusqu’au premier couturier. Par la suite, les créations des différents grands couturiers étaient présentés ensembles dans une grande salle (voir la photo de l’article). Mais très bonne remarque, je vais travailler sur la suite!

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